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La chronique BD hebdomadaire de 120 sur AFC Rock Radio

INTÉGRALE DON ROSA, VOLUME 1 – Mercredi 28 mai 2014

Rédigé par Cent-Vingt - - 11 commentaires

Intégrale Don Rosa, Volume 1

Qu’est-ce qui m’a poussé, étant gamin, à me passionner pour Picsou, le canard archimilliardaire créé par Carl Barks ? L’œuvre de Karl Marx, bien sûr ! À la suite de Carl Barks, Don Rosa développa le personnage de Picsou, notamment en racontant la jeunesse du plus riche de tous les canards.

 

Pour écouter le podcast de cette chronique, utilisez le lecteur audio ci-dessous :

J’écris cette chronique BD dans l’aéroport d’İstanbul où je fais escale en attendant le vol de 23 h 50 pour Ankara. J’aurais dû prendre le vol de 19 h 55, mais mon avion en provenance d’Orly-Sud a atterri à İstanbul avec quarante-cinq minutes de retard.

Pour me donner l’apparence de Carreidas, le milliardaire grec de “Vol 714 pour Sydney”, je porte un petit chapeau mou et je suis enrhumé. Cela apportera du piquant à ma chronique, parce que je relèverai le défi d’y évoquer deux personnalités culturelles marquantes : Carl Barks et Karl Marx. Or, quand comme moi on s’est enrhumé pour se donner un style, il est presqu’impossible de prononcer différemment ces deux quasi-homonymes.

Pour vous parler des aventures de Picsou, je ne pourrais faire l’impasse ni sur Karl Marx, ni sur Carl Barks, les idées du premier m’ayant poussé à la lecture du second. En effet, ayant été élevé par une militante lénino-trotkyste aux idées principalement marxistes, j’ai appris à lire dans Placid et Muzo, Pif Poche et Pif Gadget. Mais très tôt, je me suis affranchi de ces lectures socialo-communistes pour m’intéresser au Journal de Mickey et la lecture de Disney fut une bouffée d’oxygène, pour moi. La lecture du Journal de Mickey ne dura pas très longtemps, parce que j’ai vite compris que Disney ce n’était pas Mickey, mais que Disney c’était plutôt Picsou. Hé oui.

Alors je suis passé du Journal de Mickey à Picsou Magazine et, m’identifiant au “canard le plus riche du monde”, je voulais tout connaître de lui. C’est bien simple : je rêvais de devenir ce canard, il était pour moi un modèle absolu. Plus tard, en grandissant, je voulus être Spiderman ou rien.

Mais en attendant, c’était bien Picsou que je voulais devenir, et vraiment rien d’autre.

Ma mère, se demandant ce qu’elle avait négligé pour que je prenne un tel chemin, laissait traîner, pour faire mon éducation, l’œuvre de Karl Marx comme d’autres parents laissent traîner des magazines pornos. Ainsi, à dix ans je n’étais plus niais du tout, puisque j’avais déjà lu les cents premières pages du Capital. Vous savez, celles qui traitent de la valeur marchande et de la valeur d’usage. Au désespoir de ma mère, rien n’y fit : je ne fus jamais militant d’aucune cause humaniste et la seule raison valable que me trouve pour travailler est celle de gagner du fric.

Jusqu’à mon entrée en sixième, j’ai continué à me passionner pour tout ce qui touchait à Picsou et je voulais tout savoir de lui. J’ai cessé de lire Picsou avant 1990 et je n’ai donc pas connu le travail remarquable de Don Rosa, l’hagiographe de Picsou. Je découvre le travail de Don Rosa aujourd’hui, dans l’intégrale que lui consacrent les éditions Glénat.

Le premier volume de cette intégrale Don Rosa, regroupe les douze histoires décrivant la jeunesse de Picsou. C’est exactement ce que j’aurais adoré lire il y a trente ans, quand j’étais gosse : l’histoire de l’extraordinaire réussite pécuniaire de Picsou. Don Rosa, l’auteur de cette histoire extraordinaire, n’est à la base qu’un fan de comics, pas encore un véritable auteur. En 1986, il n’est absolument pas un dessinateur professionnel. Il dessine pour lui-même, pas du tout des petits Mickey, ni des Donald ou des Picsou. Au contraire, Don Rosa est très influencé par Don Martin qui dessine dans le magazine “Mad”.

“Mad” est le magazine fondé par Harvey Kurtzman dans les années cinquante et il a influencé l’immense majorité des BD de la contre-culture américaine et européenne : notamment les auteurs Gilbert Shelton et Robert Crumb aux États-Unis, et les journaux Hara-Kiri et Pilote en France. “Mad” véhiculait des idées à l’opposé de celles de Disney et Don Rosa, en toute logique, puisqu’il se reconnaissait dans le courant de pensées de “Mad”, n’aurait pas dû devenir un pilier de la maison Disney. Pourtant, restant lecteur de toutes les sortes de “comic books”, il découvre un éditeur Danois, détenteur des droits Disney.

Cet maison d’édition danoise est un repaire de fans de Carl Barks. Don Rosa, qui admire l’œuvre de Carl Barks, contacte cet éditeur qui l’embauche. Carl Barks est un dessinateur de BD Disney des années quarante à soixante et il a principalement dessiné les aventures de Donald. À la fin des années quarante, il a créé le personnage de Picsou, l’oncle de Donald.

Tout au long de son œuvre, Carl Barks a campé le personnage de Picsou, distillant parfois au détour d’une case des bribes d’informations sur sa jeunesse. Ce sont ces bribes que Don Rosa exploite à partir de 1991 pour écrire les douze chapitres de cette série reprise aujourd’hui par Glénat. Cette exégèse commence par l’enfance malheureuse de Picsou en Écosse. Sa famille, tombée en déshérance, a plus ou moins perdu le château qu’elle possédait et le pauvre Picsou doit très tôt cirer des chaussures pour faire vivre sa famille.

Comme si cela ne suffisait pas, il s’exile aux États-Unis où il manque de faire fortune dans une mine d’or, avant de faire le tour du monde en Australie, en Afrique et en Asie. À la force du poignet, il exploitera les minerais de la Terre entière et gravira petit à petit le classement des plus gros exploiteurs de la planète, pour parvenir enfin à la place du numéro un, la place du pire d’entre eux. Il construira un coffre de huit-mille mètres cube pour y stocker une partie de son or. Au fil des ans, ce coffre se remplira jusqu’à ce que son tas d’or atteigne les trente mètres de hauteurs et qu’ils puisse y plonger et s’y baigner comme dans une piscine.

On raconte dans ce livre la rencontre des frères Rapetou sur le Mississippi, celle de Flairsou dans les montagnes du far West et celle de Gripsou dans le bush australien. On raconte également comment la recherche effrénée de l’argent finit par changer un homme (fut-il un canard). L’appât du gain finira par faire de Picsou une personne acariâtre et sans cœur, faisant fuir sa propre famille qui ne le supporte plus, alors même que le but premier de Picsou était de mettre les siens à l’abri du besoin.

Ce premier volume de “La Grande Épopée de Picsou”, 288 pages éditées par Glénat, est vendu au prix de 29,50 €. Si vous ne souhaitez pas mettre une telle somme dans un Picsou Magazine, ce sue je peux comprendre, vous pouvez le voler à la Fnac, parce que le vigile posté à la sortie m’a dit qu’il n’y avait pas d’antivol dans ces livres.

Merci pour les messages que vous m’avez envoyés ou que vous avez postés sur le site de la radio après ma première émission de la semaine dernière.

En attendant de vous lire, je vous dis : « Bisous/tendresse et à la semaine prochaine ! »
 

11 commentaires

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